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8 juin 2017

Emploi accompagné : évaluation de cinq dispositifs expérimentés par Nexem

Initialement porté par les acteurs du monde du handicap à titre expérimental, l'emploi accompagné sera déployé sur l'ensemble du territoire à partir de 2017. L'objectif de ces dispositifs est d'accompagner, dans la durée, le parcours professionnel des personnes en situation de handicap en milieu ordinaire de travail. Pendant 3 ans (2013-2016) la Fegapei, aujourd'hui Nexem, a piloté une expérimentation avec le soutien de la Fondation Malakoff Médéric Handicap et du Fonds social européen (FSE). Neuf associations adhérentes[1] dans cinq régions étaient engagées dans la démarche. Son évaluation est aujourd'hui disponible.

Inscrits dans la loi Travail, les dispositifs d’emploi accompagné seront mis en œuvre à partir de 2017 sur la base des expérimentations entreprises par les acteurs du monde du handicap qui ont présidé les textes[2]. Nexem poursuit la démarche engagée par la Fegapei en appui au déploiement. Dans cette optique, l’expérimentation conduite de 2013 à 2016 a été évaluée par le centre de recherches psychanalyse, médecine et société (CRPMS) de l’université Paris Diderot, avec le soutien de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Le rapport d’évaluation et sa synthèse livrent les résultats clés et détaillés de cette recherche. Outre des éléments sur l’efficacité des dispositifs étudiés, ils mettent en lumière leurs caractéristiques, les compétences des conseillers en emploi accompagné et le point de vue des employeurs.

Des résultats prometteurs pour le maintien dans l’emploi

La méthode d’évaluation s’appuie sur un recueil de données quantitatives, intégrant des indicateurs internationaux, et des entretiens avec les employeurs et les personnes accompagnées. Pour permettre une comparaison et une agrégation rigoureuses des données, cinq dispositifs expérimentaux ont été étudiés représentant 176 personnes accompagnées. Ils s’adressent principalement à des personnes en situation de handicap psychique et/ou des personnes en situation de handicap mental.

D’environ 30 % sur l’ensemble des personnes accompagnées, le taux d’accès à l’emploi est qualifié « d’honorable » par les chercheurs qui précisent qu’« il n’y a pas, à notre connaissance, en France de pratiques faisant valoir un taux d’accès à l’emploi supérieur, pour ce public et dans ce délai » (6 à 11 mois). Les scores de référence à l’international vont, quant à eux, de 54 % à 56 %.

Ce résultat est pondéré par des taux de maintien dans l’emploi plus favorables : 71 % à 6 mois et 60 % à 12 mois pour les personnes qui présentent un handicap mental, 56 % et 26 % pour celles qui ont un handicap psychique, celles-ci retrouvant plus rapidement un autre emploi.

Au cœur des compétences des conseillers : les capacités relationnelles

L’accompagnement, à la fois professionnel et médico-social et sans limitation de durée, intervient à tout moment du parcours. Il est réalisé par un conseiller en emploi accompagné qui intervient aussi auprès de l’entreprise et travaille en équipe avec les intervenants médico-sociaux et en partenariat avec les services publics de l’emploi.

Les chercheurs ont mené des entretiens et des « focus groups » avec les conseillers des cinq dispositifs étudiés. Les compétences et les qualités qui apparaissent les plus importantes relèvent des capacités relationnelles pour établir une « relation de confiance » avec la personne accompagnée et développer les partenariats avec « le réseau de soutien à la personne », son employeur et son environnement de travail. Sont aussi mis en avant, le travail en équipe, en particulier les échanges sur les pratiques professionnelles entre pairs, et l’intérêt des groupes de supervision.

L’étude aborde aussi le point de vue de l’entreprise pour favoriser le maintien en emploi. Les chercheurs soulignent « l’importance de la présence régulière du conseiller sur le lieu de travail » et de sa réactivité en cas de « situations complexes ». Les employeurs constatent également que la posture bienveillante à l’égard de la personne accompagnée « tend à bénéficier plus largement au collectif de travail ».

Le rapport d’évaluation détaille ces résultats et donne à voir les dispositifs mis en œuvre par les associations, tels des retours d’expérience. En revanche, les auteurs précisent que « l’interprétation des données » reste limitée par la taille de l’échantillon.

[1] Adapei 33, Adapei 69, Apajh (87), Centre lillois de rééducation professionnelle (59), Geist (53), Les Papillons blancs de Bergerac (24), Les Papillons blancs de Dunkerque (59), Route Nouvelle Alsace (67), Un autre regard (60).

[2] C’est dans ce contexte que la Fegapei a porté l’inscription de l’emploi accompagné dans la législation française en collaboration avec LADAPT, l’Association des paralysées de France (APF) et Messidor, organisations membres fondateurs du Collectif France pour la recherche et la promotion de l’emploi accompagné (CFEA).