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Elections : Nexem pour 2017

A l'heure d'échéances électorales décisives pour l'avenir de notre pays, Nexem souhaite faire entendre sa voix et celles de ses associations adhérentes. Pour ce faire Nexem formule 14 propositions, issues de l'expérience et de l'engagement quotidien sur les territoires de ses adhérents.

En France aujourd’hui, 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, 2,5 millions bénéficient d’une reconnaissance administrative de leur handicap et 1,2 million de personnes âgées sont considérées en perte d’autonomie : Nexem entend placer la solidarité au cœur du débat public pour apporter des réponses crédibles, pertinentes et novatrices qui permettront aux publics fragiles de participer à une société plus inclusive et participative.

A travers ses 14 propositions Nexem s’engage à :

  • ancrer l’innovation dans les politiques publiques sociales et médico-sociales et en faire une priorité dans une approche intégrée en faveur de la jeunesse, des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie et en difficulté d’insertion ;
  • faire reconnaître enfin l’action sociale et médico-sociale comme un investissement et non seulement comme un coût pour la collectivité ;
  • construire une Europe solidaire, à travers les opportunités notamment ouvertes par le plan Juncker.


1
Innover, un engagement indispensable

Les mutations sociales, économiques, sociologiques et technologiques créent de nouvelles opportunités de développement. Pour que celles-ci profitent au plus grand nombre, elles doivent s’incarner dans des choix innovants dans lesquels les acteurs associatifs ont un rôle central à jouer.

Le secteur social et médico-social est né et s’est développé pour répondre à des besoins non pourvus par les pouvoirs publics :

  • hier, les premières réponses apportées par la société civile aux besoins sociaux non satisfaits par les pouvoirs publics ont été le fait d’initiatives associatives ;
  • aujourd’hui, les associations poursuivent inlassablement ce devoir d’innovation en imaginant des solutions nouvelles face à des besoins en constante augmentation ;
  • le monde de demain impose une plus grande créativité pour inventer des manières différentes de voir et de faire.

L’innovation sociale définie dans la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire s’inscrit dans le patrimoine génétique des associations gestionnaires et figure, à ce titre, au cœur de l’action de Nexem.

À ce jour, peu de dispositifs soutiennent l’innovation. Il convient donc de mettre en œuvre les conditions financières et humaines, et la réflexion nécessaires pour engager ce mouvement, en faire une priorité et le pérenniser.



2
Promouvoir l'investissement social

L’action sociale et médico-sociale continue d’être considérée comme un secteur consommateur de ressources financières et humaines, et donc uniquement dépensier. Or, il s’agit d’une activité économique à part entière qui emploie près d’un million de salariés.

L’investissement dans ce secteur crée, en effet, de l’emploi, avec l’un des effets multiplicateurs les plus élevés de la dépense publique : 1 million d’euros publics investi dans l’accompagnement vers le logement crée, par exemple, 25 emplois quand 1 million d’euros publics investi dans l’industrie automobile en crée 41.

Les associations constituent des vecteurs de création d’emploi. En tant qu’employeurs, elles doivent jouer un rôle exemplaire sur les questions de formation ou de transition énergétique. En tant que productrices de services sociaux, elles constituent également un véhicule d’investissement, car les dépenses d’inclusion sociale créent un retour pour les finances publiques via la réussite des politiques menées et les économies et revenus induits à terme.

Cette dépense sociale a des effets positifs : par exemple, l’accompagnement d’un jeune en grande difficulté familiale par les services de protection de l’enfance, celui d’une personne à la recherche d’un emploi, d’un logement ou bien en formation, ou d’une personne en situation de handicap créent eux-mêmes de la valeur et contribuent à l’économie. C’est pourquoi l’action sociale et médico-sociale représente un véritable investissement pour la société.



3
Construire une Europe solidaire

La commission Juncker, et plus largement les instances dirigeantes de l’Union européenne, multiplient depuis quelques mois les signaux tendant à donner une dimension sociale aux politiques européennes. La commission a ainsi lancé la consultation sur le socle européen de droits sociaux. C’est aussi dans cet esprit qu’elle entend inciter les États membres à investir dans le capital humain et les infrastructures sociales. Elle considère que les États doivent s’engager dans les politiques promouvant la participation accrue au marché du travail et impliquer davantage les partenaires sociaux dans l’élaboration des politiques publiques.

Cette nouvelle orientation est une opportunité et doit être soutenue par les décideurs politiques français.

Elle pourra être matérialisée par un assouplissement des règles du pacte de stabilité et de croissance, permettant d’investir dans les politiques sociales, de mieux utiliser les fonds européens et de partager davantage les bonnes pratiques.